Lettre ouverte au Conseil d’Etat Neuchâtelois – Arzier-le-Muids, le 17 août 2025
Lors de sa création en 2022 notre association s’est donnée les objectifs suivants :
Au début 2023 avant l’arrivée du premier loup en terre Neuchâteloise, avons adressé une
demande à Monsieur Laurent Favre afin d’être intégrés au groupe grands prédateurs du can-
ton pour laquelle nous avons essuyé un refus.
Notre pétition du 8 décembre 2023 forte de 560 signatures « Non aux tirs préventifs des
loups à Neuchâtel, oui aux mesures de protection » a été balayée par le Conseil d’Etat.
Pas plus de succès pour notre demande de rencontrer en personne Monsieur Favre afin de
lui présenter nos propositions de cohabitation.
C’est en raison de ces mauvais accueils et de la situation de désarroi des éleveurs que nous
décidons de rendre public ce document.
Nous sommes également présents sur le terrain à chaque annonce de tir pour contrôler la
légalité de ces derniers. Nous n’avons à ce jour pas pu documenter si la DDTE tir en présence
de carcasses, mais elle enfreint la convention de Berne en tirant de nuit avec un fusil équipé
d’une lunette thermique.
En octobre 2023, la DDTE a tiré son premier loup. En 2024, deux de plus. Et cette année,
nous avons une meute constituée. Quels que soient vos actions, nous en aurons encore plus
dans les prochaines années. En suivant votre politique attaques => tirs, vous n’arriverez à
rien. Il suffit de regarder la gabegie dans les cantons de Vaud et du Valais. Alors, s’il vous plait,
ne continuez pas dans cette voie sans issue. Rappelez-vous du rapport au sauvage que nos
anciens cités plus haut entretenaient et construisez l’avenir de la même façon. Notre petit
canton doit devenir le premier à réussir la cohabitation. Car nous n’avons pas les moyens de
lutter et il ne sera plus possible de réexterminer le loup.
https://www.rts.ch/play/tv/-/video/-?urn=urn:rts:video:949a0dd2-6d22-379f-8f9b-5639dd2f36ad
Quand nous avons entendu votre préposé Monsieur Luca Raboud déclarer « y’a pas de
méthodes miracle pour protéger les bovins du loup », nous avons été choqués car les
téléspectateurs comprennent qu’il n’y a pas de méthodes efficaces pour protéger les bovins,
ce qui est faux. Dans les Balkans et en Italie, nous avons vu des exemples de relations
apaisées, même si tous les éleveurs ne sont pas forcément heureux de la présence
permanente de meutes à proximité de leur bétail, ça se passe plutôt bien avec moins de
pression sur les troupeaux et quasiment plus d’attaques réussies (sur les bovins).
Aujourd’hui, se sont nos éleveurs et nos éleveuses qui ont la boule au ventre et nous
compatissons à leur désarroi. La seule solution que vous avez, c’est d’inverser la peur, car
c’est le loup qui doit craindre les troupeaux. Et pour ce faire, vous avez à disposition les
documents d’Agridea (pièces jointes). Imaginez le grand soulagement qu’un éleveur
constatant que son troupeau à fait fuir une meute. C’est cet élan d’inversion des peurs que
vous devez impérativement insuffler. Mais pour cela, vous devez les convaincre d’équilibrer
les troupeaux et de réduire la taille des pâtures afin de compacter les troupeaux. Car dans
ces conditions les vaches savent se défendre efficacement. Et pour les cas sensibles avec
beaucoup de veau et de génisses, il convient de réaliser des parcs de nuit ou de les rentrer à
l’étable.
Nous savons que la Confédération n’assume pas ou peu ces coûts (réalisation d’enclos plus
petits, agrandissement du réseau de distribution d’eau, travail supplémentaire pour déplacer
plus souvent les troupeaux, etc), il faudra que le canton octroie dans un premier temps une
aide pécuniaire. C’est très urgent car la majorité des bovins de la vallée de la Brévine ne font
pas de l’estivage, mais sont présents à l’année et si rien n’est fait, dès que la meute sera forte,
les prédations augmenterons encore. Il est de votre responsabilité d’agir vite et fort car trop
de temps à été perdu.
Le peuple Neuchâtelois dans sa majorité est favorable au retour du loup, même si les
finances du canton sont précaires, cet investissement en vaut la peine.
En annonçant récemment le tir de quelques cerfs le DDTE donne un très mauvais signal.
Nous vous demandons plutôt de donner moins de chevreuils aux chasseurs et d’épargner les
chamois pendant quelques années. Les loups auront plus de possibilités d’alimentations. Il
est impératif également que vous compreniez que partout ou les meutes de loups sont fortes,
la population de sanglier et les dégâts induits diminuent de 60 à 80 %. Voilà enfin une bonne
nouvelle pour l’ensemble de l’agriculture.
Monsieur Laurent Favre a annoncé au Grand Conseil en octobre 2024 qu’il allait étudier les
tirs non létaux, qu’en est-il ? Car les balles réelles n’effraient pas les loups, elles les tuent. Ce
n’est que les tirs non létaux qui parviennent à les faire renoncer.
Recevez, Mesdames et Messieurs membres-es du Conseiller d’Etat, nos respectueuses
salutations
Pour l’ALLJ, Éric Jaquet et Yves Bongard
Annexe :
AGRIDEA – Protection des bovins contre le loup
AGRIDEA – Mesures de protection des troupeaux pour les bovins sur les pâturages d’estivage
Distribution :